AMAURY FAYE TRIO - LIVE IN BRUSSELS [REVUE DE PRESSE]

ALL ABOUT JAZZ (USA)

 

Amaury Faye rend hommage à une longue tradition de passionnés d’ivoire, de Bill Evans à Fred Hersch, en mêlant effort continu et respect: les humeurs et les modes sont familiers, bien que ces influences ne soient en réalité qu’un point de départ pour un son sensiblement plus moderne. Ce trio tire le meilleur parti de ces groupes pour ce qui est des relations imprévisibles et ludiques, et leur sensibilité européenne raffinée n’empêche pas les choses d’atteindre régulièrement une forte ébullition. 

Faye semble déconcertant de facilité alors que Live in Brussels démarre, tenant un motif patient alors que ses trois compagnons assombrissent la transe avec des vamps non statiques. Au moment où ils ont doucement balancé un morceau étonnamment harmonieux de Thelonious Monk et suivi du titre Fascinating Rhythms, la main droite du leader prend le dessus avec une certaine capeline agile à une vitesse de caféine trop élevée. Le tressaillement infecte bientôt les autres jusqu'à ce que tout le monde soit fou - et pourtant, lors du prochain virage, ils calment aussitôt l'atmosphère par une douce ballade romantique suivi d'un interlude à mi-parcours d'un triptyque qui se termine avec The Old Escalator

Louis Navarro et Théo Lanau sont heureux de participer aux jeux rythmiques, rebondissant à travers des séries d'harmonies asymétriques et aidant à construire chaque pièce avec une oreille attentive pour la structure. Le plus impressionnant est The Old Escalator, qui s’arrête presque comme un son de machine rouillée avant de tout remettre en état de marche. Ce communiqué n'est que le début d'un cycle, qui devrait être suivi de plusieurs autres enregistrements en direct dans d'autres capitales européennes. Ce sera un plaisir fascinant de voir à quel point le groupe est façonné au fur et à mesure.

 

Geno Thackara

 

 

TELERAMA (FRA)

 

Un langage clair, des harmonies où déambuler comme dans un labyrinthe rigoureusement tracé, une vivacité rythmique sans agressivité… La musique composée par le jeune pianiste toulousain Amaury Faye a de quoi ravir les amateurs d'un jazz moderne dépourvu d'outrances avant-gardistes. Le Live in Brussels, récemment sorti, en donne une bonne idée en même temps que l'envie d'entendre ce répertoire sur scène.

 

Louis-Julien Nicolaou

 

 

 

JAZZ MAGAZINE / JAZZMAN (FRA)

 

Un an après la "Révélation" attribuée dans nos pages pour son premier disque, revoici le lauréat de Rezzo-Focal Jazz à Vienne 2016. Une confirmation sur le vif, où les efforts du trio pour s'extraire d'une certaine gangue bradmehldienne commencent à porter leurs fruits. Des efforts qui ne gâchent en rien le plaisir à l'écoute de Fascinating Rhythm, par exemple, ou le trio semble prendre le titre au pied de la lettre, que ce soit en piano solo où dans le jeu à trois.

 

Ludovic Florin

 

 

 

LE SOIR (BE)

 

Un trio de Français qui s'est établi à Bruxelles. L'album a été enregistré à la Jazz Station de Saint-Josse en mars 2018. Dans une salle emballée par un trio aventureux et classique à la fois, au pianiste evansien et monkien c'est selon, dans un répertoire fait de compositions d'Amaury, de Ugly Beauty de Thelonious Monk, de Fascinating Rhythm de Gershwin et de They Didn't Believe Me de Jerome Kern. Ces trois artistes savent swinguer. Dans le Gershwin, la complicité et l'osmose du piano d'Amaury Faye, de la contrebasse, de Louis Navarro et de la batterie de Théo Lanau fait plaisir à entendre. C'est enlevé, intense, inventif et juste. Je ne parle pas des notes mais de l'impression que fait la musique sur les auditeurs: c'est exactement ça, c'est le "knack", le truc, qui fait que le trio nous envoûte et nous emmène dans son voyage musican. Et ce n'est pas la seule plage où cette magie agit. Partout, la baguette de la fée a envoyé son sortilège. Tant mieux pour nous.

 

Jean-Claude Vantroyen

 

 

 

ACADEMIE DU JAZZ (FRA)

 

Cet album est le premier opus d’un projet qui doit en compter cinq, enregristrés live, et faire partie d’un ‘Road Trip Musical’, en constante progression, sur cinq ans et dans cinq capitales européennes. Joli programme en devenir.

La construction et l’énergie développées sur les progressions de ‘Fascinating Rhythm’, étonnantes de fraicheur et de spontanéité, (c’est l’avantage du live), l’ambiance instrospective véhiculée tout au long de ‘They didn’t Believe Me’, toute de lyrisme contenu, suffisent à faire aimer cet album ! Le reste est à l’avenant, de l’hommage rendu à Monk sur ‘Ugly Beauty’ à la lancinance crépusculaire de la longue intro d’Interlude’ et à l’invention primesautière d’Ilex’.

Pas de doute, on a affaire là à un Musicien (tiens, il se trouve que gamin, il a été l’élève de Joanne Brackeen au Berklee College of Music, d’où il est sorti avec un Jazz Performance Award, prix du meilleur pianiste de l’année … vous m’en direz tant !) et à un Trio° d’excellence.

Bienvenue, Mister Faye !

 

Académie du Jazz

 


 

 

CITIZEN JAZZ (FRA)

 

Nous avions pu découvrir le talent d’Amaury Faye aux cotés de Giuseppe Millaci et le très réussi Song Book. Le voici avec son propre trio pour un album live, enregistré à Bruxelles, premier d’une série de cinq disques à paraître. Une sorte de road-trip musical, puisque chaque album sera enregistré dans une capitale européenne différente.

Il faut remonter en 2014, à New-York, pour dénicher la genèse de ce trio. Le pianiste français s’associe dans un premier temps au contrebassiste new-yorkais Cole Davis et au batteur londonien Jonah Summerfield, avant de s’installer à Bruxelles en 2015. C’est alors qu’il recrute deux musiciens français pour poursuivre l’aventure du trio - Louis Navarro à la contrebasse et Théo Lanau à la batterie - et lui donner sa forme actuelle.

Au fil des sept titres de ce concert, on navigue entre un jazz pleinement ancré dans ses traditions avec les standards maîtrisés de George Gershwin, Thelonious Monk et Jerome Kern, et une création toute contemporaine que révèlent quatre compositions d’Amaury Faye. Le pianiste s’illustre dans un jeu d’improvisateur qui se laisse surprendre et sait quoi répondre à l’inattendu, et démontre également un réel talent d’écriture. Des titres méditatifs, profonds, libres, des mélodies marquantes, qui osent tous les chemins stylistiques, le tout servi à un public excité et fasciné que l’on peut entendre en fond, très enthousiaste.

La section rythmique du trio garde le cap et relève tous les défis avec une aisance remarquable. L’ensemble est solidaire et peut parfois partir d’une ambiance calme qu’une intention va soudain diffracter pour faire jaillir une effusion sonore, sans jamais se perdre, ni perdre l’auditeur.

Un premier essai transformé, sans aucun doute. Rendez-vous quelque part en Europe pour la deuxième étape d’un voyage démarré sur les chapeaux de roues.

 

Raphaël Benoît

 

 

 

LE QUOTIDIEN DU MEDECIN (FRA)

 

Un maître absolu - Keith Jarrett - et de nombreux disciples - le Norvégien Tord Gustavsen, le Polonais Marcin Wasilewskiou le Français Amaury Faye - élèvent l'instrument au pinacle. Principalement en "live".

[...]

Il en va des pianistes et des trios comme des chanteuses : pléthoriques et, parfois, une vraie révélation.

A l'image d'Amaury Faye. Originaire de Toulouse, installé en Belgique, le jeune homme - l'élève de Joanne Brackeen à la Berklee School of Music de Boston où il a obtenu un prix du meilleur pianiste en 2015 et qui cumule depuis de très nombreuses récompenses - confirme avec son premier opus, Live In Brussels (Hypnote Records - 2018), son statut de pianiste les plus prometteurs de la scène jazz actuelle.

Aux commandes de son impeccable trio - Louis Navarro, contrebasse ; Théo Lanau, batterie - le leader explore avec brio l'univers de Thelonious Monk (Ugly Betty) et relit avec spontanéité et une réelle fraicheur des standards de J. Kern et G. Gershwin (Fascinating Rhythm). Sans oublier de livrer avec lyrisme et une technique de virtuose ses propres compositions.

Le premier CD sur cinq d'un "road trip musical" qui met en lumière un trio admirablement structuré et de haute qualité musicale.

 

Didier Pennequin

 

 

 

JAZZ HOT (FRA)

 

Amaury Faye est né à Toulouse en 1990. En 2013, il s’est fait remarquer au Concours National de La Défense, puis, après avoir étudié à Berklee avec Joanne Brackeen, il a décroché, en 2015, le Berklee Jazz Performance Award qui récompense le meilleur pianiste de l’année. Il décide ensuite de s’installer à Bruxelles. Son compatriote, Théo Lanau a, lui aussi, choisit de se fixer dans la capitale belge alors que Louis Navarro se domiciliait à Berlin. Dans cet album enregistré live à la Jazz Station de Bruxelles, le jeune pianiste, dès le premier morceau (Yosemite), affirme sa connaissance des compositeurs classiques immédiats qu’il juxtapose aux canons rythmiques du jazz. Ugly Beauty de Monk fait immanquablement penser au meilleur de Brad Mehldau. Fascinating Rhythm de Gershwin est joliment introduit par un solo rapide et débridé, puis la main gauche ponctue le discours par des césures brèves, contrastantes. Après l’exposé du thème, le contrebassiste affirme son adéquation et les complices s’envolent, brillants. Excellent solo de batterie, reprise en trio survolté, puis apaisement lyrique. Ce sont 11’ 55’’ magnifiques! Retour au calme avec un très joli They Didn’t Believe Me (Jerome Kern) continué par Interlude en piano légato sur un long ostinato à la main droite, accéléré puis amplifié; colorié par le batteur et terminé par la basse qui, rasséréné, s’élance de marche en marche sur le vieil escalator (The Old Escalator). Liaisons, enchainements, mutations, progressions rythmiques et mélodiques! Ce sont des moments intenses qui vont crescendo. Surréalisme? Magritte n’est pas loin! Pour remercier un public conquis, Ilex est joué en clôture. Partiellement accompagné aux mains sur les peaux, il permet à Louis Navarro de pavoiser avec un beau solo. Qui vous a fait croire que they didn’t believe you, cher Amaury? Rassurez-vous, on vous croit note après note et on apprécie votre manière d’être dans la profondeur des sentiments!

 

Jean-Marie Hacquier

 

 

 

JAZZ'HALO (NL)

 

Amaury Faye a étudié au Berklee College de Boston, sous la direction de Joanne Brackeen, pianiste de Stan Getz, Dave Liebman ou Charles Lloyd.

En 2015, il y a été sacré meilleur pianiste de l'année, prix qui a fait suite à d'autres reçus au festival de Vienne ou à Avignon. Installé à Bruxelles depuis 2015, il fait partie du Vogue Trio du contrebassiste Giuseppe Millaci, avec Lionel Beuvens à la batterie. Ce Vogue Trio a obtenu l'Octave de la Musique, a enregistré Songbook, également sur Hypnote, et est invité pour une tournée au Japon.

En France, Amaury Faye a formé un premier trio (Big Moe Trio) avec Pierre André à la batterie et Louis Navarro à la contrebasse.

Puis il a constitué celui-ci, toujours avec Louis Navarro, contrebassiste diplômé du Conservatoire de Toulouse et qui a suivi des masterclasses avec Larry Grenadier, Hein Van De Geyn et Claute Tchamitchian et, cette fois, avec Théo Lanau à la batterie. Après avoir découvert le jazz au Collège de Marciac, celui-ci s'est inscrit au Conservatoire de Paris et de Bruxelles: il a suivi les cours avec Serge Lazarevitch et Stéphane Galland. Il fait aussi partie de Brilliant Corners, avec le saxophoniste Sylvain Debaisieux. 

Avec ce trio qui se revendique du jazz mainstream, Amaury Faye a d'abord gravé Clearway, une série de compositions originales auxquelles s'ajoute un classique de Parker. Pour ce Live in Brussels enregistré à la Jazz Station, il propose quatre compositions personnelles, et trois classiques: Ugly Beauty de Monk, Fascinating Rhythm de Gerschwin et They Don't Believe in me de Jérôme Kern.

Un enregistre sur mesure pour cet enregistrement live, synonyme d'énergie et de spontanéité. Ce qui frappe chez lui, dès la première écoute, c'est la fougue fiévreuse avec laquelle il aborde les thèmes, sublimant la mélodie par un tempo d'enfer, pour lequel il peut compter sur l'interactivité de sa rythmique (Yosemite, Fascinating Rhythm, The old escalator avec beau solo de contrebasse et Ilex avec intro de batterie). Ce qui ne veut pas dire qu'il ne puisse pas tirer le meilleur profit de ballades (They Don't Believe in me) ou intégrer l'univers rythmique de Monk (Uggly Beauty). En milieu d'album, Interlude se présente comme un solo impressionniste à peine ponctué par des crissements de cymbales.

Un très bel album.

 

Claude Loxhay

 

  

JAZZAROUND (BE)

 

Installé à Bruxelles depuis trois ans, le pianiste français Amaury Faye s’est vite révélé dans le paysage du jazz belge. On l’a principalement découvert au sein du groupe du contrebassiste Giuseppe Millaci  avec Lionel Beuvens à la batterie, un trio qui s’est imposé comme une des révélations récentes avec l’album  « Songbook » récompensé par le Prix Point Culture aux Octaves de la Musique 2018. Avant son arrivée au Plat Pays, le pianiste est passé par le Berklee College de Boston où il a étudié avec  Joanne Brackeen – magnifique  pianiste notamment aux côtés de Joe Hendreson et Stan Getz, après lesquels elle entama une carrière de soliste assortie de nombreuses références discographiques. 

Amaury Faye  obtenait également plusieurs prix réputés au Tremplin Jazz d’Avignon et à Jazz à Vienne. Voici son premier album en trio avec Louis Navarro à la contrebasse et Théo Lanau à la batterie, ce dernier déjà bien présent sur la scène belge avec des apparitions auprès de Laurent Blondiau, Sylvain Debaisieux, Bart Maris, Lynn Cassiers et d’autres encore. Un premier album loin d’être le dernier puisque le pianiste nous annonce déjà une série de cinq enregistrements avec ce trio dans cinq capitales européennes et répartis sur cinq années. L’idée ne manque pas d’originalité et titille déjà notre curiosité et notre impatience à entendre ce qui suivra tant la qualité de ce premier enregistrement est réelle et même enthousiasmante. Quatre compositions personnelles et trois standards composent cet enregistrement en public  réalisé à la « Jazz Station », Chaussée de Louvain à Bruxelles. D’emblée, Yosemite  donne le ton d’un jeu original fondé surtout sur des influences européennes avec une scansion rythmique appuyée qui tient en haleine de bout en bout.

Le concert enchaîne ensuite les trois standards : Ugly Beauty  de Thelonious Monk  revu dans un climat apaisant, contrastant avec le Fascinating Rhythm de Gershwin enlevé à un tempo très rapide avec une aisance qui en fait oublier le côté piégeux de l’exercice. They Didn’t Believe Me de Jérôme Kern, magnifique mélodie reprise entre autres par Frank Sinatra et Dinah Washington, est littéralement chantée par le piano sur près de dix minutes. Suit Interlude qui maintient le climat paisible du thème précédent dans un esprit  « musique classique » plus sombre jusqu’au crescendo final. On soulignera le sens de la mise en scène musicale du leader et son à-propos dans la construction du concert par cet enchaînement sans faille avec l’explosif  The Old Escalator. Ilex clôture le concert en toute légèreté avec un brin de fantaisie dans les changements rythmiques et les interventions de ses précieux partenaires Théo Lanau et Louis Navarro. On se repassera longtemps ce beau concert bruxellois en attendant la suite de ce périple européen.

 

Jean-Pierre Goffin

 

 

 

AMPED (USA)

 

 

FLASH! (FRA)

 

Originaire de Toulouse, le pianiste Amaury Faye nous livre, avec son trio composé de Louis Navarro à la contrebasse et de Théo Lanau à la batterie, un nouvel album. Enregistré en mars dernier à Bruxelles, ces sept titres nous plongent dans l’univers luxuriant du trio. Une palette de jeux et de styles s’enchaînent naturellement et subtilement tout au long de l’album. Nous voguons dans les espaces illimités de la rêverie sans quitter une certaine chaleur et une atmosphère intimiste. La virtuosité des trois musiciens est indubitable. Mais elle ne se regarde jamais jouer. Toujours elle est au service du public. Même dans les passages les plus classiques les prises de risques et les excès liés à l’enregistrement live transparaissent et permettent au public de vibrer.

 

T.B.

 

 

 

LARSEN (BE)

 

Pianiste français installé à Bruxelles, Amaury Faye s’est fait connaître par sa participation à l’album de Giuseppe Millaci, Songbook, Octave de la Musique Point Culture 2018. Son premier album en leader annonce une série de cinq enregistrements «live» réalisés dans cinq capitales européennes. Quatre compositions personnelles et trois standards composent cet enregistrement réalisé à la Jazz Station de Bruxelles. D’emblée, Yosemite donne le ton d’un jeu original fondé surtout sur des influences européennes avec une scansion rythmique appuyée qui tient en haleine de bout en bout. Les trois standards - Ugly Beauty (T. Monk), Fascinating Rhythm (G. Gershwin) et They Didn’t Believe Me (J. Kern) – démontrent combien le pianiste joue avec bonheur sur les rythmes et les couleurs.

 

Jean-Paul Goffin

 

 

 

 

DRAGONJAZZ (BE)

 

Originaire de Toulouse, le pianiste Amaury Faye a fondé son groupe à Bruxelles où il est aussi connu pour jouer dans le trio Vogue du contrebassiste Giuseppe Millaci dont le premier album, Songbook (Hypnote Records, 2018), a été encensé récemment dans ces pages. En compagnie de ses compatriotes, le contrebassiste Louis Navarro et le batteur Théo Lanau, il présente ici sa propre musique qu'il avait déjà exposée l'année dernière dans Clearway (PIAS Jazz Village - 2017), un premier disque financé grâce à une victoire au Tremplin RéZZo Focal de Jazz à Vienne en 2016. La différence est que ce disque-ci est capté sans filet en concert, Amaury ayant décidé d'enregistrer live dans différentes capitales européennes une série de cinq albums dont Live In Brussels est le premier.

Le répertoire comprend sept titres dont trois sont des reprises. Ugly Beauty (qui figurait sur l'album Underground de Thelonious Monk) est une ballade singulière dans le catalogue de Monk puisqu'elle est la seule valse qu'il ait jamais écrite. L'aspect "habité" de cette composition est ici bien préservé dans une interprétation toute en nuances. Fascinating Rhythms de George Gershwin reçoit un traitement original avec une introduction éruptive jouée par le pianiste en solo. Quant à They Didn't Believe Me de Jerome Kern, c'est un standard typique et une autre ballade propice à l'exposition d'un art du trio que d'autres avant Amaury Faye (Brad Mehldau et Keith Jarrett notamment) ont su si bien porter au pinacle. Les quatre autres titres, tous composés par le leader, retiennent aussi bien l'attention à la fois par leurs thèmes et leurs interprétations. L'improvisation est ici largement sollicitée par les trois complices qui emmènent parfois les morceaux dans des régions inattendues : Yosemite qui débute comme du jazz mainstream est ainsi, après un long solo de contrebasse, progressivement noyé dans un tourbillon de notes appuyées et de rythmes qui s'interrompent soudain de manière abrupte. C'est inattendu et frais et l'audience de la Jazz Station ne s'y trompe pas en applaudissant fermement la performance du trio. Si Ilex ressemble plus à du bop, The Old Escalator confirme l'approche originale de ce trio et la virtuosité des musiciens. La prise de risques est totale et l'énergie produite par cette musique en évolution permanente maintient une pression qui fait bondir l'auditeur sur son siège au rythme fracassant de ce batteur exceptionnel qu'est Théo Lanau.

Live In Brussels confirme en définitive que le trio de piano jazz est loin d'avoir tout dit. Combinant une approche européenne qui se traduit par un lyrisme à fleur de peau avec une autre plus expérimentale héritée de la scène newyorkaise contemporaine, Amaury Faye s'inscrit dans une lignée de pianistes qui ont plein de choses à raconter. En écrivant ceci, Andrew Hill, Vijay Iyer et Brad Mehldau, dont les styles sont pourtant bien différents, sont trois noms qui me sont venus à l'esprit. Plutôt excitant, non ?

 

Pierre Dulieu

 

 

 

LES DNJ (FRA)

 

"Le trio bruxellois (avec partenaires du Sud-Ouest hexagonal) d'un pianiste toulousain passé par le Collège de Marciac, le Berklee College de Boston, et multi-primé dans les tremplins d'ici (Avignon, Vannes, Vienne) et d'ailleurs (Allemagne, USA). Deuxième opus de ce groupe, après Clearway (Jazz Village, 2017), cet enregistrement de concert réalisé par la Radio Belge Francophone (RTBF), rend parfaitement justice à l'art du trio. Cela se passait à la Jazz Station, haut-lieu du jazz bruxellois, établi dans une ancienne gare sur la Chaussée de Louvain.

 

Dans ce trio, pas d'effets intempestifs, un parcours de rigueur musicale, de feeling et d'interactivité entre les trois instrument(iste)s, bref tout ce qu''il faut pour apprécier le canonique trio piano-basse-batterie dans sa vérité originelle. On commence par une sorte de valse hétérodoxe, tendue entre le rythme de son thème et une espèce d'ostinato faussement anguleux qui détermine l'exacte dramaturgie de la composition. Après la contrebasse dans le premier rôle, le piano s'évade vers la seconde plage, où le trio joue une valse, guère plus orthodoxe, de Thelonious Monk: Ugly Beauty, respect du texte, puis libre déambulation evansienne. Il faut dire que le pianiste fut à Boston l'élève de Joanne Brackeen, grande prêtresse d'un certain lyrisme : profondeur sans ostentation, tout est dit.

 

Changement de registre avec le thème suivant: Fascinating Rhythm, engagé par un solo presque tritanien avant décollage collectif, au bout de deux minutes, en suivant maintenant les rails du thème, mais pour s'en affranchir bientôt. Vient ensuite un très vieux standard, de dix ans antérieur au précédent, They Didn't Believe Me, composé par Jerome Kern. Version recueillie, harmonies denses, phrasé expressif et mélancolique, bref de cette forme de beauté intemporelle qui traverse l'histoire de la musique américaine grâce au jazz. Suivra un Interlude d'une sombre et belle atmosphère, qui s'enchaîne au thème suivant, rythmique et convaincant, sans ces facilités du groove pour le groove que l'on entend depuis deux décennies environ, et où l'aspect hypnotique tient lieu d'inspiration. Ici la densité de la forme, du déroulement, et la finesse du développement, nous entraînent sur d'autres chemins, riches d'imaginaire et de surprises. Et le disque se conclut sur une sorte de valse dévoyée qui va changer de rythme (et de tempo), retour à la source pour boucler la boucle : belle coda en forme de pirouette qui révèle, derrière le désir accompli de musique, l'endurance de la pensée."

 

Xavier Prévost

 

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