LIVE IN BRUSSELS CHRONIQUÉ SUR LE MAGAZINE BELGE DRAGONJAZZ ET SELECTIONNE DANS LA SELECTION DES MEILLEURS ALBUMS JAZZ 2018

Live In Brussels (Hypnote Records - 2018) a été chroniqué sur le site Belge DragonJazz, et s'est retrouvé dans la sélection des meilleurs albums de jazz 2018.

 

"Originaire de Toulouse, le pianiste Amaury Faye a fondé son groupe à Bruxelles où il est aussi connu pour jouer dans le trio Vogue du contrebassiste Giuseppe Millaci dont le premier album, Songbook (Hypnote Records, 2018), a été encensé récemment dans ces pages. En compagnie de ses compatriotes, le contrebassiste Louis Navarro et le batteur Théo Lanau, il présente ici sa propre musique qu'il avait déjà exposée l'année dernière dans Clearway (PIAS Jazz Village - 2017), un premier disque financé grâce à une victoire au Tremplin RéZZo Focal de Jazz à Vienne en 2016. La différence est que ce disque-ci est capté sans filet en concert, Amaury ayant décidé d'enregistrer live dans différentes capitales européennes une série de cinq albums dont Live In Brussels est le premier.

Le répertoire comprend sept titres dont trois sont des reprises. Ugly Beauty (qui figurait sur l'album Underground de Thelonious Monk) est une ballade singulière dans le catalogue de Monk puisqu'elle est la seule valse qu'il ait jamais écrite. L'aspect "habité" de cette composition est ici bien préservé dans une interprétation toute en nuances. Fascinating Rhythms de George Gershwin reçoit un traitement original avec une introduction éruptive jouée par le pianiste en solo. Quant à They Didn't Believe Me de Jerome Kern, c'est un standard typique et une autre ballade propice à l'exposition d'un art du trio que d'autres avant Amaury Faye (Brad Mehldau et Keith Jarrett notamment) ont su si bien porter au pinacle. Les quatre autres titres, tous composés par le leader, retiennent aussi bien l'attention à la fois par leurs thèmes et leurs interprétations. L'improvisation est ici largement sollicitée par les trois complices qui emmènent parfois les morceaux dans des régions inattendues : Yosemite qui débute comme du jazz mainstream est ainsi, après un long solo de contrebasse, progressivement noyé dans un tourbillon de notes appuyées et de rythmes qui s'interrompent soudain de manière abrupte. C'est inattendu et frais et l'audience de la Jazz Station ne s'y trompe pas en applaudissant fermement la performance du trio. Si Ilex ressemble plus à du bop, The Old Escalator confirme l'approche originale de ce trio et la virtuosité des musiciens. La prise de risques est totale et l'énergie produite par cette musique en évolution permanente maintient une pression qui fait bondir l'auditeur sur son siège au rythme fracassant de ce batteur exceptionnel qu'est Théo Lanau.

Live In Brussels confirme en définitive que le trio de piano jazz est loin d'avoir tout dit. Combinant une approche européenne qui se traduit par un lyrisme à fleur de peau avec une autre plus expérimentale héritée de la scène newyorkaise contemporaine, Amaury Faye s'inscrit dans une lignée de pianistes qui ont plein de choses à raconter. En écrivant ceci, Andrew Hill, Vijay Iyer et Brad Mehldau, dont les styles sont pourtant bien différents, sont trois noms qui me sont venus à l'esprit. Plutôt excitant, non?"

 

Pierre Dulieu

 

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